Le Temps: L’esprit ouvert, les cartes de visites en embuscade

Article publié dans le Temps. / 7 dec 2010.

Par Rinny Gremaud

Elles sont californiennes d’origine, mais peuvent aussi se tenir dans la froidure genevoise. Lesconférences TED, ces journées où essaiment les «idées qui méritent d’être diffusées» (c’est la devise de la fondation), s’organisent désormais partout, et hier encore au Muséum d’histoire naturelle. Dans une salle de conférence quasi comble, une douzaine d’orateurs aussi divers que sympathiques, aussi spectaculaires que concis (18 minutes maximum) se sont succédé devant quelque 200 personnes parfaitement hétéroclites à l’occasion de la TEDxGeneva.Qu’y a-t-on appris? Que la biodiversité des océans gagnerait à voir changer tout simplement la forme de certains hameçons de pêche. Que Facebook est un média si «mainstream» qu’il permet aux ONG de cibler surtout des femmes trentenaires lors de leurs appels de dons. Qu’il existe à Paris des gens qui s’amusent à fabriquer (entre autres) un livre qui s’auto détruit après 20 minutes. Et qu’à Genève, une coopérative agricole permet à 400 familles de manger toute l’année des légumes bio parfois aussi mystérieux que le choux mizuna. Et puis les pauses café et sandwich ont été l’occasion de réseauter, cartes de visite en embuscade,dans une ambiance très «Genève internationale». «Je travaille depuis deux semaines ici, pour l’ONU. Et vous?» demande en anglais cette femme, 40 ans, d’origine indienne, le New Yorker posé sur la table.«Mon employeur est un hedge fund spécialisé dans le trading de droits d’émissions carbone», réplique sa jeune et blonde interlocutrice. Le garçon d’à côté, lui, vient de Munich, où il est consultant en assurances. Il est si fan des conférences TED qu’il a fait le trajet en avion la veille. Pour en voir, il s’est déjà déplacé ailleurs en Allemagne, à Zurich récemment, et aussi, bien sûr, en Californie, où se tiennent, chaque printemps et quatre jours durant, les fameuses conférences mères à 6000 dollars la place. Franchisées depuis peu, les TEDx, déclinaisons locales, ne sont pas aussi exclusives et onéreuses. Pour participer à celles de Genève, il suffisait cette année de répondre à un questionnaire en ligne pour recevoir l’une des 200 invitations disponibles. Entrée et collations étaient offertes. Mais leur notoriété grandissant sur l’Arc lémanique (elles sont diffusées depuis peu par La Télé), les TED genevoises semblent vouées, dès l’an prochain, à devenir plus sélectives.

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