La conférence TED essaime ses idées en Suisse romande

Article publié dans l’Hebdo.

Par Luc Debraine – Mis en ligne le 13.07.2011 à 10:47

Propagatrice d’initiatives pour un futur meilleur, la plateforme américaine ne cesse de se diversifier dans le monde, y compris à Genève et Lausanne.

«Technology, Entertainment, Design», ou TED. Partie de Californie à l’époque du premier Mac, la conférence TED est désormais une organisation globale. L’une de ses nombreuses incarnations, TEDx, entend stimuler la circulation des idées nouvelles en Suisse romande.

Idées nouvelles? Parfaitement, de surcroît celles qui peuvent changer le monde. Une conférence TED évoque un grand brainstorming.

Sur scène, des scientifiques, artistes, politiciens, célébrités ou activistes se suivent à un rythme soutenu. Chacun a 18 minutes pour convaincre une audience de plusieurs centaines de participants du potentiel d’une idée, d’une proposition.

Il peut s’agir de créer des écoles pour surdoués en Afrique, d’aménager des sanctuaires océaniques, d’imposer une journée de cessez-le-feu en Afghanistan. Les thèmes ont depuis longtemps débordé le triangle technologie-divertissement-design des débuts.

La conférence TED qui se tient du 11 au 15 juillet à Edimbourg s’intéresse à la vie sous toutes ses formes, des neurosciences à la danse.

L’important, c’est de diffuser à la ronde des visions pertinentes, innovantes, crédibles, audacieuses. L’idéal, pour ne pas dire l’idéalisme, de TED repose sur une conviction américaine, tendance Emerson: la puissance des idées optimistes, pour autant que celles-ci puissent être partagées, est apte à améliorer nos existences, nos attitudes et la planète entière. Le seuil d’une conférence TED franchi, le ticket du cynisme n’est plus valable.

Pour autant, TED n’est pas une secte, un réarmement moral ou une version nord-californienne de la méthode Coué. C’est une très efficace, mais aussi très pragmatique structure à but non lucratif conduite depuis New York par l’entrepreneur britannique Chris Anderson.

La conférence annuelle aux Etats-Unis a une sœur européenne, TED-Global, dirigée par le Suisse Bruno Giussani, par ailleurs collaborateur de L’Hebdo, où il organise le Forum des 100.

TED, c’est aussi un prix annuel de 100 000 dollars, dont le dernier est revenu au photographe JR. C’est un site internet, Ted.com, qui entre autres services propose les vidéos des conférences, avec un succès aussi croissant que vertigineux: depuis 2006, les séquences en ligne ont été regardées un demi-milliard de fois. TED édite aussi des livres électroniques, propose des parrainages, ainsi que d’autres types de conférences, dont les TEDx.

Franchises locales. Celles-ci sont des franchises locales. Dans une haute école, un hôpital ou une agglomération, un organisateur acquiert une licence gratuite auprès de TED.

Les règles sont peu nombreuses, mais précises: pas question de promouvoir un produit commercial, ou une entreprise, mais toujours de faire circuler au mieux des idées nouvelles, par le biais d’orateurs choisis avec soin.

La conférence dure une journée et réunit au mieux une centaine de participants qui ne paient pas plus de 50 francs leur place (au lieu des 5000 dollars demandés aux conférences TED et TEDGlobal).

Lancées en 2009, les TEDx ont été mises sur pied à Londres, à Tunis, à Accra, à la NASA et au Pentagone, dans un bidonville de Nairobi, dans un hôtel flottant de l’Amazone et bientôt dans un camp de base de l’Everest. Plus de 2000 TEDx ont été organisées à ce jour, dont une vingtaine en Suisse.

Seules une poignée de conférences ont eu lieu à Genève et Lausanne, mais cela va changer. L’automne verra des TEDx proposées au parc des Bastions, à la Grande Boissière de l’Ecole internationale, à la Croix-Rouge, au WWF ou encore à l’Ecole hôtelière de Lausanne. Et vous, une idée?

La conférence TED essaime ses idées en Suisse romande
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